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[13/02/2007] Orchestre National de Belgique [Bruxelles] Le maître dans son jardin ? par Pierre-Jean Tribot pour la rubrique Concert Musique symphonique de ResMusica.com

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[13/02/2007] Orchestre National de Belgique [Bruxelles] Le maître dans son jardin ? par Pierre-Jean Tribot pour la rubrique Concert Musique symphonique de ResMusica.com

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 9-II-2007. Olivier Messiaen (1908-1992) : Turangalîla-Symphonie. Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot ; Steven Osborne, piano. Orchestre National de Belgique, direction : Pascal Rophé

Suite à une nouvelle défection de son directeur musical Mikko Franck, officiellement non encore rétabli de ses problèmes de santé, l’Orchestre National de Belgique a eu la bonne idée d’inviter le rigoureux et compétent Pascal Rophé pour diriger l’un des sommets de la littérature orchestrale du XXe siècle : la Turangalîla-Symphonie de Messiaen. Cette partition est l’une des signatures du chef d’orchestre français qui en a assuré de très nombreuses exécutions à travers le monde. Fidèle de l’Orchestre Nationale de Belgique avec lequel il a dirigé de très beaux concerts (lire ici notre chronique), le musicien place sa lecture sous le signe des couleurs et de la lisibilité des phrases et des textures. Pas de machine à décibels, ni de maniérisme dans cette lecture construite avec clarté et logique. Le travail sur les lignes des vents est très beau alors que Rophé est très attentif aux dynamiques, ainsi l’imposant final commence assez modérément pour exploser au fur et à mesure.

Galvanisé par l’escalade d’un tel monument du répertoire (que l’on ne joue pas si fréquemment) et devant une salle presque comble, les musiciens de la phalange nationale donnent le meilleur d’eux même : les vents en particulier (clarinettes et bassons) sont chatoyants et lumineux alors que les percussions sont déchaînées. Cependant, il manque du coffre à cet orchestre dont les cordes apparaissent quelque peu à la traîne. Les cuivres sont précis mais dans certains passages comme Joie du sang et des étoiles, ils sont un peu brouillons. Assurant la redoutable partie de piano, l’excellent Steven Osborne se sert de son clavier comme un instrument de percussion éclatant. Rien à redire sur Valérie Hartmann-Claverie, spécialiste mondiale des ondes Martenot qui assure de mémoire ses interventions - tout comme à Paris sous le direction d’Ingo Metzmacher.

Cette partition jubilatoire qui soulève toujours l’enthousiasme du public fait partie maintenant des « grands » classiques.