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Alain De Repentigny : Yann Tiersen : coulé dans le rock | Entrevues

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Le virage rock de Yann Tiersen a sans doute surpris quelques spectateurs qui s’attendaient à entendre la musique du Fabuleux destin d’Amélie Poulain au Festival de jazz de 2006. Le compositeur et musicien breton qui s’amène au Club Soda se réclame encore plus du rock que la dernière fois.

Yann Tiersen entreprend sa première tournée en trois ans dans la capitale des États-Unis avant de s’arrêter au Club Soda vendredi et samedi prochains. Après trois semaines au Canada et aux États-Unis, on l’attend en Angleterre, au Danemark, au Portugal et même en Chine. Et la France ? « Peut-être cet été », dit le Breton à qui l’on doit les musiques du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, de Good Bye, Lenin ! et d’un film plus récent sur le navigateur Éric Tabarly.

 

« J’ai fait un concert à New York, mais c’était il y a très longtemps, donc on n’a jamais tourné aux États-Unis et ça me paraissait logique qu’on y aille », explique Tiersen depuis les studios Real World en Angleterre où il répète avec ses musiciens. Il donnera le même concert à Montréal qu’à New York, Toronto ou San Francisco, même si on peut supposer que le public américain qui ne l’a jamais vu s’attendra peut-être à ce qu’il lui serve une bonne ration de ses musiques de film.

« C’est le genre de question que je n’ai jamais envie de me poser, répond-il. Je trouve que le meilleur moyen de satisfaire les spectateurs, c’est de se faire plaisir soi-même. Je n’ai pas à m’amuser à refaire ce que je faisais il y a 10 ans parce que c’est ce que les gens attendent. Et jusqu’ici, on n’a jamais eu de mauvaise surprise ; au contraire, c’est souvent dans les pays où on n’était jamais allés que ça se passait le mieux. Je croise les doigts... »

Un album plus contrasté

Au téléphone, Yann Tiersen est plutôt sympa, mais pas très volubile. Ce n’est sans doute pas par timidité, mais par conviction qu’il ne lui sert à rien de circonscrire avec des mots son travail musical. Il dira tout de même que sa musique de scène n’a jamais été aussi proche de ce qu’il va coucher sur son prochain album, Best Lane, sur lequel il planche depuis un an et demi.

« Le prochain album va être beaucoup plus contrasté, pas d’un morceau à l’autre, mais au sein même des morceaux, dit-il. Avant, j’avais des morceaux très calmes et des morceaux plus électriques et là, ça se passe dans le même morceau. C’est très rock en fait, je ne sais pas comment l’expliquer, mais il y a pas mal de choeurs et ça voyage plus, je pense. Ce disque ne contiendra aucun morceau purement instrumental et une seule chanson, que je chante avec Gaëlle Kerrien ; mais c’est loin du format chanson pur et simple. »

S’il puise dans son répertoire au Club Soda, il n’ira pas beaucoup plus loin que son album Les retrouvailles, paru en 2005. Et ses musiques de film ? « Il y aura des pièces instrumentales, mais disons que les morceaux des anciens albums se sont évaporés dans cette tournée », dit-il dans un rire étouffé.

De toute façon, Yann Tiersen s’est souvent défendu d’être un compositeur de musique de film, un genre dans lequel il dit être tombé presque par accident. Et ce, même s’il a accepté d’écrire la musique du film Tabarly l’an dernier.

« J’ai vu ça comme un hommage au navigateur et comme c’est un reportage, c’était complètement différent, explique-t-il. Mais les musiques de film arrivent toujours au mauvais moment, quand je suis en train de faire un album. Je suis toujours obligé de passer à autre chose. Mais cette fois, ça m’a permis de faire une parenthèse et de prendre du recul sur mon album qui m’a pris beaucoup de temps. »

Au Club Soda, Tiersen sera accompagné de la chanteuse brestoise Gaëlle Kerrien, de Christine Ott aux ondes Martenot, du bassiste Stéphane Bouvier et de deux recrues anglaises, le guitariste Robin Allender et le batteur Dave Collingwood.

Yann Tiersen, au Club Soda, les 17 et 18 avril.