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Bashung signe malgré lui la fin de Noir Désir

| 27.04.11 | 13h30 •

Mort le 14 mars 2009 d’un cancer du poumon à l’âge de 61 ans, Alain Bashung est l’objet d’un album de reprises paru mardi 26 avril, Tels Alain Bashung, douze titres pour douze interprètes, dont Christophe, Stephan Eicher, Dionysos, BB Brunes, M, Vanessa Paradis... Il y a à boire et à manger dans cet hommage sincère à l’un des interprètes les plus originaux de la chanson française. Barclay, le label d’Universal Music, qui a produit ce CD accompagné d’un DVD (Faisons envie, un film de Thierry Villeneuve), a réussi sans l’avoir voulu un très beau coup : publier le tout dernier enregistrement de Noir Désir. Le groupe bordelais ouvre la compilation avec une interprétation éthérée d’Aucun express (1998, extrait de Fantaisie militaire, et écrit par Alain Bashung et Jean Fauque).

Quelques jours après l’enregistrement, Noir Désir s’était dissous définitivement. Le 30 novembre 2010, le batteur Denis Barthe et le guitariste Serge Teyssot-Gay quittaient le navire "pour désaccords émotionnels, humains et musicaux avec Bertrand Cantat, rajoutés au sentiment d’indécence qui caractérise la situation du groupe depuis plusieurs années".

Légèrement éraillée, habillée d’ondes Martenot, la voix de Bertrand Cantat y apparaît nimbée d’une étrange lassitude, en conformité avec le vague à l’âme exprimé par la chanson : "J’ai longé ton corps/Epousé ses méandres/Je me suis emporté/Transporté/Par-delà les abysses/Par-dessus les vergers/Délaissant les grands axes/J’ai pris la contre-allée/Je me suis emporté/Transporté/Aucun express ne m’emmènera vers la félicité". Aucun express, a alors expliqué Denis Barthe, "est une vieille obsession" du groupe, fan de Bashung depuis Play Blessures (1982). En 2000, Alain Bashung avait publié Climax, un album de duos et de nouvelles versions de ses chansons. On y trouvait Volontaire, écrite par Bashung et Serge Gainsbourg. Flamboyant, Bertrand Cantat y chantait sous tension, tête d’ange, guitare saturée ; Bashung en lunettes noires assurait les côtés obscurs.

"Choc générationnel"

En juillet 2003, Bertrand Cantat tue sa compagne Marie Trintignant en Lituanie. Rencontré par Le Monde deux mois plus tard, alors qu’il préparait "La tournée des grands espaces", Alain Bashung avait commenté le drame de Vilnius : "(Cantat) était devenu un ami, nous prenions parfois des verres ensemble. C’est terrible. Deux artistes (lui et Marie Trintignant) au faîte de leur beauté, de leur talent, de leur prospérité. Je crois que je comprends pourquoi ces choses peuvent arriver. J’ai connu ces moments de tension. Je suis parti, du jour au lendemain, pour éviter cela. Si ce drame provoque un choc générationnel, on ne peut pas faire de rapprochement avec les pertes d’Hendrix ou de Jim Morrison. Eux étaient pour nous des dieux hors du monde. On était heureux de voir des gens aller au bout d’une démarche, à la manière de Rimbaud ou de Baudelaire. Cette tragédie a plus à voir avec un drame familial. Il n’y avait pas de fatalité "artistique" à cette disparition. Cela rend encore plus incompréhensible la vie et la destinée." Véronique Mortaigne Article paru dans l’édition du 28.04.11

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