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Des ondes, maintenant... - Le blog de Scientificom

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Des ondes, maintenant...

Maurice Martenot (1898-1980) s’est très tôt passionné pour la musique – il apprend le violoncelle dès l’âge de quatre ans - et pour les sciences. Ces deux passions vont engendrer un des instruments de musiques les plus étranges qui soient, les ondes Martenot.

Lors de son service militaire, durant la première guerre mondiale, il est affecté aux transmissions. Il découvre alors des sons d’une pureté inégalée, produits par les lampes (les ancêtres des transistors) de ses radios. Pressentant les possibilités musicales d’un instrument conçu à partir de ces lampes, il se met au travail dès 1919. Il présente au monde sa deuxième version des ondes Martenot le 3 mai 1928. Les critiques enthousiastes le pousse à améliorer encore son prototype, et ce ne sont pas moins de sept versions qui verront le jour.

Conçues en même temps que le theremin, les ondes Martenot fonctionnent selon le même principe de base, l’hétérodyne. Cet effet acoustique, appelé battement par les musiciens, est produit lorsque deux notes, de fréquences différentes, sont jouées en même temps. Leurs interactions produisent une troisième note, dont la fréquence correspond à la soustraction des fréquences des notes de départ.

La lampe de radio utilisée par Maurice Martenot produisait un son d’une fréquence de 80000 Hz, inaudible. Pour produire un son audible, il eu donc l’idée de produire une deuxième fréquence (par exemple, 80440 Hz) : grâce à l’effet hétérodyne, une troisième fréquence est émise, à 440 Hz, soit le « la » du diapason. Les ondes Martenot diffusent donc en permanence une fréquence donnée, qui reste fixe. Le clavier et le ruban permettent d’émettre une deuxième fréquence et de faire varier ses caractéristiques, qui détermineront le son final.

L’instrument est composé d’un clavier suspendu qui permet le vibrato par un mouvement latéral. Il gère également les micro-intervalles (jusqu’au cinquantième de ton). Le ruban, un fil tendu devant le clavier, que le musicien fait glisser à l’aide d’une bague, permet de varier la hauteur de la note sans à-coups, en glissando. Le clavier ou le ruban est joué de la main droite, tandis que la main gauche utilise la touche d’expression, située dans un tiroir. Il s’agit d’un rhéostat très sensible qui détermine l’intensité de la note, de piano à fortissimo.

Il faut que l’ondiste synchronise parfaitement la touche d’expression et le clavier ou le ruban, ce qui rend la pratique de cet instrument très difficile. Également dans le tiroir, un certain nombre de molettes de réglage : forme d’onde (sinusoïde, carrée, triangulaire, impulsionnelle), filtres d’effet, choix des diffuseurs.

Enfin, les ondes Martenot sont équipées de différents diffuseurs : un haut-parleur classique, un résonateur, équipé de ressorts, et un métallique, un gong mis en mouvement par un moteur. La combinaison de ces diffuseurs offre un vaste champ de rendus sonores, allant de la scie musicale à l’orgue, en passant par la voix humaine.

Considéré comme le premier instrument de musique électronique, à l’instar du theremin, les ondes Martenot disposent d’un répertoire de plus de 2600 pièces : musique contemporaine, musiques de films, chanson française, etc. Ses exceptionnelles qualités acoustiques font qu’il est toujours utilisé aujourd’hui, et est souvent préféré au synthétiseur. Par Thomas