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 :: FROGGY’S DELIGHT :: Yann Tiersen :: Musique, Yann Tiersen Les retrouvailles (Labels) mai 2005

On avait quitté Yann Tiersen, l’automne dernier, en compagnie de Shannon Wright pour un album écrit et composé à quatre mains. Les Retrouvailles est son premier album solo depuis L’Absente sorti en 2001.

Il est vrai qu’entre temps notre homme n’a pas chômé, nous livrant deux BO (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain et Good Bye Lenin), un double live majestueux (C’était ici) et un EP (L’intermittence) au profit de la FIDH.

Les Retrouvailles, son dernier opus sorti le 23 mai dernier, marque un retour à une démarche de création plus solitaire. Tiersen a composé ce bijou en grande partie à Ouessant, retournant en quelque sorte aux sources, sur cette île qui a vu naître un autre joyau, Le Phare sorti en 1998.

L’artiste y joue la quasi-totalité des parties musicales mais n’oublie pas pour autant de convier des personnalités venant enrichir cette oeuvre. La collaboration vocale de grandes voix nationales et internationales fait presque figure de marque de fabrique, et ce à notre plus grand plaisir.

Quelle idée géniale de convier Elisabeth Fraser, voix mythique des Cocteau Twins, pour chanter sur deux titres magiques, "Kala" et "Mary". Stuart Staples, chanteur du groupe anglais Tindersticks, prend d’une voix de maître le relais de Neil Hannon, présent sur L’Absente, pour un morceau penchant davantage du côté des sonorités pop/rock. A noter que Tiersen a participé à l’album solo de l’anglais qui devrait paraître prochainement.

Yann Tiersen, artiste à qui on colle trop facilement l’image de solitaire, sait au contraire magnifiquement s’entourer comme l’illustre ce trio (d)étonnant, "Le jour de l’ouverture" avec ses amis, Dominique A et Christophe Miossec ou "Plus d’hiver" interprété sur le fil par Jane Birkin.

Yann Tiersen nous conduit avec cet album au bout du monde et nous offre paradoxalement sa plus belle bande originale de film, invitant l’auditeur à le suivre tout au long de ces 16 titres.

Il enchaîne les perles musicales comme "Loin des villes" ou "La veillée" et sa mélodie à l’accordéon, "Le matin" et "La plage" et la douceur du piano. Sans tomber dans la facilité ou l’auto-parodie, Tiersen sait également nous prendre à contre-pied offrant des morceaux plus tendus et électriques. Ainsi le titre "La boulange", (bar-boulangerie de Ouessant et siège du Fan club mondial de Miossec), marie à merveille le son rugueux de la guitare électrique, la douceur des violons et du violoncelle aux Ondes Martenot de Christine Ott.

L’album est accompagné dans sa version "digipack", du film d’Aurélie du Boys, La traversée, retraçant la genèse et la composition de l’album. On retrouve ainsi Tiersen navigant entre Paris, Ouessant et Brest. La jeune réalisatrice nous offre de très belles images tout en préservant cette part de mystère.

La conclusion du film au cabaret Vauban de Brest lors de la résidence en février 2005 appelle déjà d’autres retrouvailles, au mois de juin dans ce lieu mythique pour quatre dates qui s’annoncent exceptionnelles.

Autant le dire, des Retrouvailles aussi belles que celles-ci, on aimerait en vivre plus souvent...