Les Ondes musicales Martenot

LORSQU’EN 1917...


...observant la pureté des ondes produite par les lampes électroniques, alors de fabrication toute récente, Maurice MARTENOT songea que de telles vibrations étaient suceptibles d’enrichir la musique de sonorités nouvelles, il était loin de se douter du développement - on dira plus tard de la révolution - que ses instruments apporteraient tant dans l’orchestration que dans l’expression personnelle du musicien.


Depuis la triomphale présentation du « MARTENOT » à l’Opéra de Paris en 1928 d’immenses progrès ont été accomplis : sur le plan électronique, en adaptant à chaque fois les plus récents perfectionnements de la technique (le MARTENOT numérisé est le huitième modèle ), sur le plan artistique, en décuplant les possibilités et la facilité de jeu.

Un instrument de musique ?

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer de prime abord, si l’on qualifiait le MARTENOT d’appareil électronique, il faudrait appeler le piano un appareil mécanique et l’orgue un appareil pneumatique. Encore ces derniers sont-ils mécaniquement plus compliqués que le MARTENOT.

Le terme instrument évoque bien pour nous l’absence de tout fonctionnement automatique et tel est précisément le cas. Le Martenot est un instrument électronique parce que les électrons y jouent le rôle de l’anche dans l’instrument à vent ou de la corde dans l’instrument à archet. Eléments vitaux des circuits, les électrons « obéissent » à l’éxécutant.

Si les organes qui s’interposent entre les mains et la partie électronique sont particulièrement sensibles et spécialement conçus pour permettre une grande simplicité de mouvements, ceux-ci transmettent au son les moindres intentions expressives avec la plus grande facilité.

Hors la tessiture et le timbre qui lui sont propres, un instrument de musique se définit par ses capacités expressives.

Une vibration sonore ne devient musicale que lorsqu’elle est « humanisée » dans l’instant par le plaisir de l’interprète.

Maurice Martenot joue sur le modèle transistorisé

Plus le désir d’expression de la pensée musicale s’affine, plus la maîtrise de l’instrument doit se préciser : la justesse devient expressive, les variations de nuances et d’attaques s’intégrent à la phrase musicale, le caractère de la composition est mis en valeur.

Ce sont ces paramètres éminemment sensibles qui ont guidé Maurice MARTENOT, véritable pionnier de la Lutherie Electronique, pour créer et améliorer son instrument.

Il fallait des points de repères pour le jeu à la bague (primitivement joué à distance), d’où l’idée de simuler un clavier, puis, pour faciliter la virtuosité, pourquoi pas un vrai clavier, mais un clavier léger, mobile, pour ne pas perdre la maîtrise de la justesse, élément essentiel de la vie du son.

Ces deux formes de jeu ont des possibilités expressives complémentaires :

le jeu au clavier s’apparente au jeu instrumental, celui à la bague à l’expression vocale. L’un comme l’autre permettent un vibrato dépendant intégralement des gestes de l’interprète, tant en ce qui concerne la justesse que l’amplitude des oscillations, lesquelles varient de la façon la plus subtile.

La dynamique et le timbre dépendent de la main gauche (ou des pieds).