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Libration : Fragile, le dernier coup des Têtes raides

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Libération : « Fragile », le dernier coup de Têtes raides

Musique

Chanson. Quinze titres à fleur de peau marquent un retour au rock contestataire, sur disque et en tournée.

« Fragile », le dernier coup des Têtes raides

par Ludovic PERRIN

QUOTIDIEN : lundi 07 novembre 2005

Têtes Raides

Ce soir à Magny le Hongre (77), demain à Ris-Orangis (91), le 9 à Sannois (95), le 10 à Liévin, le 17 à Beauvais, le 21 à Saint-Nazaire, le 22 à La Roche-sur-Yon, le 23 à Alençon, le 24 à Evreux, le 29 à Bourges, le 30 à Limoges, le 1er décembre à Périgueux, le 2 à Chanteix (19), le 5 à Poligny (39), le 6 à Annecy, le 7 à Macon, le 8 à Arles, le 9 à Toulon (83), le 12 à l’Elysée-Montmartre (complet), etc. Et le 6 mars au Zénith à Paris.

CD : « Fragile » (Mon Slip/Warner)

Déjà, le précédent album de Têtes Raides annonçait la couleur avec un Qu’est-ce qu’on s’fait chier aux allures de manifeste. Sur son nouveau CD, le groupe, ancien chef de file du courant néoréaliste, semble définitivement tourner le dos aux guitares acoustiques et pianos à bretelles pour revenir au nihilisme rock de ses débuts. Pourtant, malgré des efforts pour dérider l’assistance (choeurs féminins, reggae, clins d’oeil sixties à la Chuck Berry), ça reste du Têtes Raides tel qu’on le connaît depuis vingt ans : une bande de types qui rigolent quand ils se brûlent, des garçons et des filles en noir aussi secs que prêts à en découdre avec les bourgeois. Dadas, quoi. Et le propos ne risque pas de s’adoucir.

Label indépendant. Après avoir été sous contrat avec la maison de disques Warner, le groupe de Christian Olivier vient de reprendre son indépendance en se repliant sur son label, comme à l’époque où il pressait à 3 000 exemplaires ses premiers enregistrements vendus 50 francs pièce à la sortie des concerts. « Dans les années 80, il était impossible de défendre une liberté de travail comme la nôtre au sein d’une major. On était obligés d’être dans l’alternative. La signature de Mano Negra avec Virgin a fait tomber les barrières. » Ils sont ainsi allés chez Warner, puis dans le label Tôt ou tard, qui rééditait au milieu des années 90 leur catalogue. « Désormais, c’est nous qui nous finançons. Chez nous, l’économie est toujours liée à l’artistique. Mais on n’a pas constamment les yeux rivés là-dessus. Quand on se met à écrire, toutes ces questions volent en éclats. »

Liban, Hongrie. Leur label, Mon slip, est situé à quelques rues de l’atelier des Chats pelés, dans le XIIe arrondissement de Paris, le tandem de Christian Olivier qui décline le graphisme des Têtes Raides. Il accueille également des artistes comme Loïc Lantoine ou Yasmine Vegas. A voir la liste d’invités sur le nouveau Têtes Raides, de la chanteuse Sarah Mandiano à Romain Humeau (Eiffel) arrangeant ici un quatuor à cordes, de Didier Wampas à Rachid Taha via le groupe punk néerlandais The Ex, on se dit que le label continuera à ouvrir son catalogue ­ « quatre à cinq productions par an », annoncent-ils.

Fragile a été produit par Denis Barthe, le batteur de Noir Désir, avec qui le groupe s’était fendu du duo l’Iditenté sur l’album Gratte-Poil. Commencé en fin de tournée Qu’est-ce qu’on s’fait chier, il prolonge à sa façon le « KO social » initié par Têtes Raides à travers le réseau associatif hexagonal. Quinze titres enregistrés sur un temps resserré en suivant les « réactions épidermiques » d’un groupe choqué par son retour au bercail après une tournée au Liban, en Hongrie, en Russie et aux Pays-Bas. « C’est vrai qu’on n’a passé que deux ou trois jours à Beyrouth par exemple, mais, physiquement, il se passe quelque chose, ça brasse. Ici, c’est plus uniforme. Quand tu mets des barbelés et que tu t’assois sur ton tas d’or, tu crées une citadelle. C’est le danger des démocraties. »

Pour traduire sur scène ces émotions à vif, le groupe commence aujourd’hui une tournée en clubs, avant de monter en puissance avec Elysée-Montmartre le 12 décembre et quelques Zénith l’an prochain. Tout en guitares électriques, ondes Martenot et gros saxo, la formation y chante ses comptines lettristes (Latuvu), ses poèmes de Vian (Je voudrais pas crever) ou de Joyce Mansour (Chanson pour pieds), l’amie d’André Breton, la surréaliste d’Alexandrie. Elle avait le verbe cru. Déterminée, caustique, abrasive : une tête bien faite.

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