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Musique classique : CD > [CD] Compositeur > Deutsche Grammophon > Messiaen magnifié par Chung [23/01/2009]

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Musique classique : CD > [CD] Compositeur > Deutsche Grammophon > Messiaen magnifié par Chung [23/01/2009]

Olivier Messiaen (1908-1992) : Trois Petites Liturgies de la présence divine ; Couleurs de la cité céleste ; Hymne pour grand orchestre. Roger Muraro, Catherine Cournot, piano ; Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot ; Maîtrise de Radio France (chef de chœur : Morgan Jourdain), Orchestre philharmonique de Radio France, direction : Myung-Whun Chung. 1 CD Deutsche Grammophon. Réf. : 477 7944 ; code Barre ; 0 28947 77944 5. Enregistré à Paris, Radio-France, Salle Olivier Messiaen en avril et septembre 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 68’13

 Les Trois Petites Liturgies de la présence divine pour piano et ondes Martenot solos, chœur d’enfants et orchestre, partition écrite au cours des années 1943-44, furent créées avec sensation, le 21 avril 1945, grâce aux figures historiques suivantes : Roger Désormière à la direction, Yvonne Loriot au piano et Ginette Martenot aux ondes du même nom. Le traitement des voix domine l’ensemble. Ici le chœur de femmes initialement choisi par le compositeur revient avantageusement aux enfants de la Maîtrise de Radio-France. Cette option souligne davantage la fraîcheur que la sensualité, la spontanéité juvénile que la ferveur de la maturité, la chaleur humaine communicative que l’intellectualisme abstrait.

Manifestement Messiaen a souhaité « transporter une sorte d’office, une sorte de louange organisée au concert ». Des combinaisons sonores inouïes et inoubliables au service de l’amour dans son acception la plus large et noble qui soit. Les Couleurs de la cité céleste, créées au Festival de Donaueschingen en 1964 sous la direction de Pierre Boulez, offrent à l’Orchestre philharmonique de Radio-France une occasion de briller, notamment les pupitres des vents mais aussi le piano et les percussions, tous portés par un élan communicatif et généreux. Musique flamboyante magnifiée par les visions religieuses du compositeur et par son inspiration ornithologique si singulière. L’Hymne au saint sacrement (1932) circule avec naturel de la rudesse saccadée à l’extase apaisée pour exploser dans une sorte d’acmé multicolore impressionnante dont les éclats riches et entremêlés signent cette partition trop négligée. Et effectivement, pour reprendre les propos du créateur, « l’œuvre se caractérise surtout par ses effets de couleur ». Propos corroborés par Paul Le Flem qui confiait dans Comœdia après la création au Théâtre des Champs-Elysées sous la direction de Walther Straram en mars 1933 : « L’Hymne...se fait l’écho d’un mysticisme où l’extase se mêle à l’ardeur... La ferveur religieuse, la sérénité, la violence humaine même y sont évoquées avec des moyens musicaux hardis jusqu’à l’âpreté ».

 Chung, défenseur passionné de Messiaen, confirme encore une fois, son aisance et son adéquation spirituelle avec cette musique. Toutefois cette lecture de premier plan ménage une place pour les autres versions de proue : celles de Marcel Couraud (Erato), Kent Nagano (Erato), Marius Constant (Erato), Hans Zender (CPO), Roger Désormière (Lys) et plus récemment Esa-Pekka Salonen (Sony).