Obsèques de Jean-Louis Martenot

Le 24 aout dernier ont eu lieu, au crématorium du Père Lachaise à Paris, les obsèques de Jean- Louis Martenot décédé à l’âge de 85 ans, au terme d’une longue maladie. Entourée par sa femme, ses enfants, petits enfants et amis, Pura Pénichet-Jamet, lui a rendu hommage, pour son labeur et son dévouement à poursuivre la mission que son père, Maurice Martenot, lui avait léguée.

Les cendres de Jean-Louis reposent donc maintenant au Père Lachaise.

Au cours de cette cérémonie, différents hommages lui ont été rendus, par Ariane Martenot sa fille, par son gendre à la guitare, par Pura Pénichet-Jamet, au nom de la Fédération des Enseignements Artistiques Martenot, qu’il avait créée et dont il était président d’honneur, et par Caroline Martel, auteur du très beau film « Le chant des Ondes ». Avec son autorisation, nous vous transmettons ici le très beau texte de Caroline qui a si bien su saisir l’âme profonde de Jean-Louis.

Chers Hélène, Ariane, Anne-Lise, Nicolas, Benoît, Camille et toute la constellation Martenot,

C’est avec le cœur lourd, mais aussi rempli d’amour, que je vous envoie ces quelques mots d’Outre-Atlantique pour célébrer la vie de Jean-Louis. Cela a été tout un bonheur et un grand honneur pour moi d’« apprivoiser », de connaître, de fréquenter et puis de comprendre et profondément apprécier Jean-Louis à l’occasion de la réalisation de mon documentaire Le chant des ondes – sur la piste de Maurice Martenot.

La confiance qu’il m’a témoignée au fil des années en me transmettant l’esprit Martenot, et en me donnant accès aux archives familiales, m’a beaucoup touchée. Mais plus que tout, Jean-Louis m’a ouvert la porte à sa propre vie, à son cœur d’enfant et à ses idéaux Martenot dont on connaît toute la finesse …et aussi la redoutable – et légendaire – rigueur ! En s’exposant à notre caméra avec humour, classe et vulnérabilité, il m’a courageusement prêté ses clefs les plus intimes.

Quelqu’un m’avait mentionné au début de mes recherches : « Cela ne doit pas être facile, d’être le fils de Maurice Martenot... » Jean-Louis nous a révélé comment l’être humain, dans sa quête pour la grâce de l’Immatériel, devait aussi composer avec toutes sortes d’éléments du monde matériel ; là où son père Maurice avait « déposé », « laissé », ou encore « laissé-faire », Jean-Louis a pris le relais avec force et inspiration, s’occupant de lutherie, de pédagogie, de papiers …et de poudre.

Lui qui avait caressé un temps la possibilité de devenir acteur, il a joué, dans notre film, … « le rôle de sa vie ». La qualité de sa présence sémillante et sa grande sensibilité ont énormément marqué les spectateurs ; j’ose croire que cela se poursuivra dans le temps et que le film sera une façon de le garder éternel...

Je redoutais ce moment de son départ et espérais toujours pouvoir venir faire un petit séjour à Paris pour le voir avec Hélène, faute de réussir à lui parler aussi souvent que je pensais à lui. Je rêvais aussi de lui présenter notre fille qui aura bientôt un an, et que nous avons nommée ...Onde. Pour moi, si vous le permettez, Jean-Louis est un peu son arrière-grand-père imaginaire du Vieux-pays. Alors qu’il est venu le temps de lui dire « Adieu », le baptême de notre petite sera célébré d’ici quelques jours par un grand ami de la famille des ondes Martenot, Jean Laurendeau ; qui, avec toute la communauté ondistique du Québec, de même que mes compagnons de route du Chant des ondes de Montréal à Paris, s’associent à moi dans ce témoignage d’amour et de respect pour Jean-Louis.

En vous souhaitant tout le courage nécessaire pour traverser ce passage ultime de la vie, et en vous disant au revoir j’espère, je vous prie de bien vouloir accepter mes plus sincères condoléances pour le départ de notre cher Jean-Louis.

Respectueusement, et avec tendresse

Caroline