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RFI Musique - Chanson - Maxime Le Forestier, de nouvelles chansons

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RFI Musique - Chanson - Maxime Le Forestier, de nouvelles chansons

27/05/2008 - Huit ans après L’Echo des étoiles, Maxime Le Forestier sort un album studio de douze titres à la fois élégants et efficaces, Restons amants. Retrouvailles avec un chanteur qui ne quitte jamais longtemps l’actualité de la chanson mais écrit parcimonieusement.

"On est toujours enthousiaste quand on enregistre un album, on a toujours l’impression que ce sera le plus beau du monde. Il y a le plaisir, la création, le sentiment profond et sincère de faire ce qu’on aime faire et de le faire bien. Puis, vient le moment des premiers retours, lorsque les chansons partent et, parfois, ne reviennent pas. Est-ce une question de moment, une question d’image ? Ce sont des paramètres que je ne connais pas." Ce jour-là, donc, Maxime Le Forestier ne cachait pas sa satisfaction, sa sérénité, ni même son plaisir en rencontrant les journalistes. Les premiers retours des professionnels sur son album étaient unanimes : Restons amants est un grand cru. Un album dense mais aéré, luxuriant mais simple, inspiré mais direct...

Après des années 70 et 80 très productives, il a adopté il y a quelques lustres un train plus calme pour ses nouvelles chansons : l’album Passer ma route en 1995, L’Echo des étoiles en 2000 et, depuis, plus rien. Ou plutôt si : la tournée Plutôt guitare, l’écriture de la comédie musicale Gladiateur puis le 2e cahier de son intégrale en concert des chansons de Georges Brassens, tous les ans la tournée des Enfoirés au bénéfice des Restos du cœur et d’autres aventures d’un soir (comme récemment le grand concert au Zénith au profit de l’association de lutte contre le sida, Sol en Si)... Il s’est attelé à l’écriture de l’album dès le lendemain de son dernier concert Brassens, en décembre 2006 : onze nouveaux textes et Histoire grise, qu’il avait écrit pour un disque que Serge Reggiani n’a jamais enregistré.

Une large palette

Il a composé cinq chansons et a demandé sept musiques à ses amis : deux à Julien Clerc (dont Restons amants, qui donne son titre à l’album) et une à Manu Galvin, Alain Lanty, Michel Haumont, Michel Amsellem. Après qu’il eut réglé toutes ses maquettes chez lui seul à la guitare, ses deux réalisateurs, Patrice Renson et Frédéric Lo, ont largement ouvert la palette : les guitaristes Manu Galvin, Matthieu Chédid, Michel Haumont, Eric Sauviat, les cordes de l’Opéra de Paris avec leur premier violon Alain Kouznetzov, le Paris Pop Orchestra de Stanislas, des cuivres et des bois, Thomas Bloch aux ondes Martenot et au cristal Baschet, Albin de la Simone à l’orgue Hammond...

Là, les douze chansons ont bien changé. Par rapport aux maquettes guitares-voix enregistrées par le méticuleux Maxime Le Forestier, "un autre langage s’est superposé : le langage de l’arrangement, de l’orchestre, des sons. Le Juge et la Blonde chanté avec ma guitare, ça n’a rien à voir avec Le Juge et la Blonde du disque avec un quintet à vent. A un moment l’arrangeur a dit quelque chose." Cette chanson-là est une petite fable : "Le juge est parti fumer sa blonde hors du palais/Sur les marches il se dit qu’il est bien laid/Ce coupable d’avoir éclaboussé d’essences/Celle qui lui enflammait les sens/Et jeté l’étincelle ". Le crime, la cigarette qui se grille, les rêveries du juge... Julien Clerc avait composé une mélodie toute simple qui évoquait irrésistiblement Georges Brassens. Patrice Renson l’imagine d’abord dans des couleurs de musique de cirque, avec piano et caisse claire. Puis les cuivres apparaissent... et prennent le premier plan dans l’arrangement. Ne resteront finalement qu’un tuba, deux trombones et deux cors, avec seulement les modulations suraiguës des ondes Martenot traversant leur fanfare ironique et même bouffonne. "C’est le moment où les couleurs sonores influent sur le sens", note Le Forestier : la petite "brassenserie" tout en sous-entendus, est devenue une épopée comique.

Les arrangements Il martèle son plaisir "qu’on recommence à s’intéresser aux arrangements, qu’on revienne aux instruments. Le langage devient plus riche, il n’y a plus de synthèse de sons. A l’époque d’Ambalaba, on découvrait les séquences, les vertus de la musique répétitive et des machines. Aujourd’hui, on n’utilise un synthétiseur que si c’est un instrument vintage de 1974, comme le fameux Helmut d’Albin de la Simone."

Le Forestier commencera à tourner en octobre prochain, "avec une station au Casino de Paris en novembre". Il n’a pas encore entamé le travail d’arrangements de ses nouvelles chansons pour les concerts : "Si on fait sur scène la même chose que sur le disque, pourquoi les gens iraient-ils au concert ? Les chansons ont sur un disque toutes les élégances du studio. En concert, on ne peut pas les reproduire avec la même finesse. En revanche, il y a la présence : sur scène, un violoniste est plus efficace que quatorze." Il sait seulement que le guitariste Michel Haumont sera à son côté, avec au moins deux autres musiciens, multi-instrumentistes. "Je sais que mes chansons tiennent avec seulement guitare et voix, puisqu’elles ont commencé comme ça. Mais il peut y avoir des éléments de l’arrangement qui deviennent indispensables à une chanson, comme les chœurs de Né quelque part. Mais, en tout cas, il y aura un bloc de deux guitares, avec Michel et moi."

Ecoutez un extrait de Restons amants http://www.rfimusique.com/musiquefr... Ecoutez Culture vive avec Maxime Le Forestier

Maxime Le Forestier Restons amants (Polydor/Universal) 2008

Bertrand Dicale