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Radiohead dévoile au monde son album "The King of Limbs" | France Soir

Publié par Martenot

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Radiohead dévoile au monde son album "The King of Limbs" | France Soir http://ads.horyzon-media.com/call/p.../ ?] Mercredi 23 février, 19:54 RSS

Radiohead dévoile au monde son album "The King of Limbs"

Radiohead a dévoilé son huitième album, "The King of Limbs", vendredi soit un jour avant la présentation officielle. Un geste qui a ravi les fans. Francesoir.fr vous fait revivre en vidéo les plus beaux morceaux de ce groupe devenu culte. Jonny Greenwood, de Radiohead AP

« Puisque tout est prêt sur le site, le groupe a décidé d’avancer la sortie d’un jour plutôt que d’attendre la date prévue du 19 février pour offrir leur musique  ». Tel fut le message posté par Radiohead vendredi sur Internet. Et The King of Limbs fut. On dit quoi ? On dit merci. http://ads.horyzon-media.com/call/p.../ ?]

Radiohead est l’un des rares groupes à ne pas laisser indifférent. Il y a les fans ne jurant que par les riffs de Jonny Greenwood et la voix de Thom Yorke et pour qui les autres formations, tout aussi talentueuses soient-elles, ne sont que des palliatifs. Et puis il y a les autres. Pour eux, Radiohead, c’est de la musique de dépressifs éructée par une voix nasillarde, rien de moins.

Et si c’était un peu des deux ? On ne convaincra ni les premiers ni les seconds ici. Au moins peut-on rappeler le parcours d’un groupe, de son premier tube, Creep, à la sortie de The King of Limbs, vendredi.

Radiohead revient de loin. Un tube planétaire dès sa jeune carrière, un Creep devenu l’hymne d’une génération perdue où Thom Yorke, alors ersatz péroxydé de feu Kurt Cobain hurlait comme tant d’autres son mal de vivre. Creep aurait pu tuer Radiohead et faire du quintette l’énième groupe d’un seul tube. Le succès était trop important, les fans trop hystériques pour aimer vraiment. Mais les cinq ont surpris leur monde et n’ont pas basculé dans l’oubli.

Grâce à The Bends (1995). L’album confirmait tout le potentiel des Britanniques. Just, My Iron Lung, Fake Plastic Trees, Street Spirit (Fade Out), etc. Il y avait tout dans ses chansons, la force énervée et la douceur mélancolique qui deviendra, au fil des années, la signature de Radiohead. Il y avait tout mais cela n’était pas forcément suffisant. Car rien n’était nouveau et The Bends, aussi abouti soit-il, n’aurait pu à lui seul emmener le groupe aux firmaments du rock.

C’est OK Computer (1997) qui s’en est chargé et il faut imaginer la claque reçue par certains lors de la première écoute de ce troisième album de Radiohead. La musique n’était alors qu’une ambiance rendant plus légères les heures passées. 53 minutes plus tard, un Paranoïd Android envoyé, un Exit Music (for a film) digéré, un Karma Police injecté et un No Suprises avalé, il n’y avait plus rien sinon l’impression d’avoir entendu pour la première fois, une musique tellement aérienne et si électrique, d’avoir découvert qu’il y avait autre chose, plus haut et plus fort, des guitares, des ondes Martenot...

Et comme il aurait été alors facile, après le succès planétaire de OK Computer, de refaire un, deux, trois albums de la sorte. Et comme il fut évident pour les cinq de Radiohead que ce n’était certainement pas la route à suivre. Kid A et Amnesiac (2000 et 2001) ont déplacé le débat et la formation britannique découvrait les contrées de la musique électro minimaliste. Avec succès. « Le gros challenge va être de tenir plus d’une semaine sans écouter Everything In Its Right Place de Radiohead  », écrivait Frédéric Beigbéder dans L’égoïste romantique. Et c’est exactement ça. Avec son diptyque électronique, Radiohead devenait entêtant et entraînant.

Les deux albums suivants, Hail to the Thief et In Rainbows, ont été un mélange des deux époques, énervé électrique et mélodieux électronique. There There et Reckoner rejoignaient les grands dans la cour comme le groupe se faisait de plus en plus rare, récusant tous les codes de la promotion, ne vivant que pour créer et diffuser sa musique comme ils l’entendent.

Alors que The King of Limbs est disponible depuis vendredi sur Internet, il convient également d’enlever ses œillères, de prendre le risque d’attaquer cette vache sacrée qu’est devenue Radiohead au fil du temps. Leur soi-disant prise de risque au moment de In Rainbows, lorsque le groupe proposa aux internautes d’acheter l’album au prix qu’ils souhaitaient, a été un formidable coup (de pub et financier). Idem pour leur défense (ostentatoire) de la nature. Si leurs idées doivent être louées, leur diffusion frise le ridicule. Un exemple ? Lors de leur dernier concert à Paris, Radiohead avait donné pour consigne de ne donner des invitations presse qu’aux premiers journalistes se rendant en vélo au siège de leur maison de disque...

Mais revenons à la musique. Après une première écoute, difficile de critiquer le nouvel opus. On retient d’abord le faible nombre de titre (seulement huit, faisant de cet album le plus court de l’histoire du groupe). Et puis surgissent les accords de Codex ou Give Up the Ghost... Trop tôt, bien trop tôt pour s’en faire une idée. Celle-ci viendra avec le temps, au fil des écoutes. Au moins peut-on souligner la présence encore plus grandes des effets signés Jonny Greenwood et Ed O’Brian. La voix de Thom Yorke se veut elle aussi plus discrète, laissant croire que le groupe, assagi et résigné, s’est convaincu lui-même qu’il ne s’agissait plus de crier mais bien de parler. L’album n’en est pas moins humain, comme In Rainbows dont il s’inscrit dans la lignée. Si la musique n’a qu’un seul but, Radiohead l’a une nouvelle fois atteint. Décidément.