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Route du Rock 2005 : Chronique du dimanche

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Route du Rock 2005 : Chronique du dimanche

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La programmation annonçait ensuite la venue d’une chorale, c’était déjà suspect. L’oreille ouverte, curieuse, préparée à tout, on attendait ça avec circonspection, mais sans a priori. Seulement, ce n’étaient pas nos oreilles, mais nos yeux qui n’étaient pas préparés à voir débarquer les Polyphonic Spree : 25 gamins en toge, bras levés au ciel, genre : « attention, ce soir, la secte des enfants de T-Rex va mettre en scène son grand sacrifice collectif, dans une grande communion d’amour et de glam ». On ne connaît pas les raisons de cette utilisation plus que douteuse de l’imagerie sectaire, mais il est difficile d’en faire abstraction pour ne profiter que du reste : le feu d’artifice sonore auquel s’est livré cette chorale texane, accompagnée par un orchestre aussi improbable que le reste, où s’accordent sans choc des cultures guitares, basse, batterie, mais aussi harpe, piano, tuba, ondes Martenot, flûte travesrsière... Bref : le grand décorum sonore, l’habillage de luxe, pour la grande envolée lyrique de ce dimanche soir. Qu’on imagine un peu la splendeur déclamatoire et le goût de la démesure du mouvement Glam (Bowie, T-Rex) sur la quelle viendrait se greffer tout le talent d’orfèvrerie et la finesse des meilleurs songwriters pop, pour se donner une idée du foisonnement qui peut régner lors d’un concert de Polyphonic Spree : la B.0. de la comédie romantique de l’année. Évidemment, il faut aimer la guimauve, les longues montées de tuba et de flûte, les Opéras Rock (« Tommy » des Who ), le marivaudage, les paillettes qui tombent en pluie, les morceaux de 10 minutes, et les sentiments purs et honnêtes (le dernier opus de la chorale s’intitule « Together We’re Heavy » : un beau message de solidarité et d’amour !). Si la douce folie des Polyphonic Spree nous aura un peu agacé parfois , nous aura difficilement fait patienter, nous, amateurs de bruit et de tatapoum venus pour Sonic Youth et Metric, elle a néanmoins fait souffler une délicieuse bolée d’insouciance naïve 70’s, un courant d’air frais : ceux qui ont fait semblant de ne pas aimer sont des grognons grincheux !