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Un feu follet se pose sur nos oreilles | Les agités du bocal

Publié par Martenot

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Un feu follet se pose sur nos oreilles | Les agités du bocal Christine OTT, Ondes Martenot,

Point de rencontre rempli d’étoiles, d’éclairs et de volupté onirique, ce jour d’été ne m’a jamais quitté…Accompagné de Mélanie, notre lien d’amitié, je m’assis à la table de Christine OTT. Eté 2010.

Notre discussion avait duré certainement plusieurs heures, je ne sais plus, tant son parcours, mais surtout sa personnalité font passer le temps comme un éclair. Alors que, d’une simple parole, douce, enfantine et presque gênée, elle me narra son CV magistral, elle glissa cette phrase : « L’envie est de prendre aussi le temps de vivre les projets de l’intérieur et ne plus enchaîner comme une fuite en avant, les salles, les gens, les pays, sans plus voir ni les saisons passées ni les arbres ni les fleurs ». Christine est comme ça, un véritable électron libre, un feu follet de l’univers de la musique et du spectacle. Capable de raconter sans faux semblants un parcours dont beaucoup révéraient, Christine OTT, en toute humilité, réussi à revenir a ses sources et à ses débuts.

De Yann Tiersen à Radiohead, du conservatoire de musique Classique de Strasbourg à l’orchestre de Palerme, de la bande originale d’Amélie Poulain au ciné-concert sur King-Kong, de Syd Matters à Noir Désir, du piano aux Ondes Martenot, sa vie artistique est un véritable Music Movie dont les pistes auditives, plurielles, extrêmes et extraordinaires nous tiennent en haleine et en suspension.

En préambule d’une date clée de son parcours (Carte Blanche à Christine OTT, le 22 janvier 2011 au Cheval Blanc de Schiltigheim), j’ai la chance de partager avec vous quelques moments de nos discussions :

Un père violoniste, une famille d’artiste, une ligne tracée dès l’enfance suffisent à construire un artiste ?

Christine OTT : Non, je pense qu’il faut aussi une détermination et une volonté de fer à toute épreuve, une remise en cause de soi-même assez récurrente et…rester humble !

c’est comme la construction d’un château de sable sur la plage, les vagues viennent détruire ton édifice, et tous les jours, tu imagines autrement la re-construction du château« . Il en va de même pour un morceau que tu vas composer, une pièce que tu vas travailler à ton instrument, il est important de poser, chaque jour, un regard neuf sur ton travail.

Beaucoup d’articles ont été écrits, beaucoup d’interviews ont été réalisés sur toi, mais as-tu tout dit ?

C.O. : non, bien sûr, et c’est très bien comme cela, garder des secrets, son “ jardin secret “, rester aussi dans la pudeur et la discrétion, c’est important aussi, ne pas tout dévoiler, comme en amour, où tout reste à découvrir, peu à peu….

Ton album, “ Solitude Nomade “, sorti l’an dernier, est une pièce majeure de ton travail, tant au niveau de l’émotion onirique qu’il dégage qu’au niveau de la maîtrise de ton instrument, Les Ondes Martenot. Début ou finalité d’un travail artistique ?

C.O. : Finalité, non ! en musique, ce qui est extraordinaire, c’est que rien n’est jamais figé ! Tout s’inscrit dans l’évolution et la mouvance, c’est ce qui est passionnant, parfois, çà use un peu aussi, on n’a jamais l’impression d’arriver, c’est un voyage sans fin, mais avec tellement de découvertes et de nouveaux horizons. J’espère que ce n’est là que le début d’un chemin extraordinaire, celui de la composition et de l’orchestration, j’ai la tête pleine d’idées musicales et ce n’est que le tout début, j’ai envie d’aller bien plus loin , si la vie me laisse un peu de temps devant moi. Mon album est juste un album de musique, pas forcément un album d’Ondes Martenot, même si cet instrument s’avère être mon instrument de prédilection. D’ ailleurs, certains morceaux clés, par exemple “ solitude nomade “ ne fait pas apparaître les Ondes Martenot dans l’orchestration.

On s’étonne de la diversité de tes projets, des directions extrêmes de tes choix artistiques (parfois qualifié de dissonants par les mal-entendants). Quelle a été la critique la plus forte que l’on ait pu te faire à ce propos ? Et quel a été le moment qui te l’a fait oublier ?

C.O. : La seule critique que j’ai entendu ( c’est à dire que peut-être il y en a eu d’autres, mais je n’en ai pas eu vent ), venait de mon Label, qui m’a d’abord reproché de faire un album trop expérimental et pas assez mélodique. Je n’en ai pas tenu compte, je savais où j’allais, et finalement Christian Olivier a compris ma démarche.

Les journalistes ont été adorables et ont accueilli mon album avec beaucoup de délicatesse et d’ouverture, çà m’a beaucoup touché !

Aujourd’hui est le moment de grands changements pour toi, quelles valises as-tu posées ?

C.O. : Arrêter le tourbillon de vie…

Envie de savoir où je veux aller, ce que je veux et surtout, ce que je ne veux plus.

Me poser les bonnes questions, savoir avec quels musiciens j’aimerai travailler et pouvoir choisir des projets très pointus qui me tiennent à cœur, prendre le temps de les mener à bien, prendre le temps de respirer dans ma vie.

Savoir où je me place….

Y-a-t-il une question que tu aurais aimé qu’on te pose ? enfin !

C.O. : si je n’avais pas été musicienne ?

J’aurai aimé être reporter-photographe animalier, la nature et le règne animal me réconcilie avec le monde des humains.

Prochain rendez-vous : Carte Blanche à Christine OTT au Cheval Blanc de Schiltigheim le 22 janvier 2011

Crédit photo : Jean-Pierre ROSENKRANZ (Journée de la femme Mars 2010/Friche laiterie