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[02/01/2008] - Olivier Messiaen : Turangall-Symphonie, 1949
Dijon, Le Duo. Auditorium 20h

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Turangalîlâ-Symphonie, 1949

Dijon, Le Duo

Jeudi 31 janvier 2008 à 20h, Auditorium

SWR Sinfonieorchester Baden Baden und Freiburg

Sylvie Cambreling, direction

Roger Muraro, piano. Valérie Hartmann-Claverie, ondes martenot

2008 : année Messiaen. L’an neuf marque en effet le centenaire du compositeur français, comme il marque aussi celui de Karajan, tous d’eux nés en 1908. Le Duo Dijon participe aux célébrations nationales.

Chef principal de l’opéra de paris, nommé par Gérard Mortier, qui a enregistré récemment l’un des meilleurs enregistrements de musique française dont La Péri de Dukas, pour Hänssler (oeuvre commandée en 1935 par Jacques Rouché pour les planches du Palais Garnier), Sylvain Cambreling dirige l’orchestre fondé le 1er février 1946, dans l’immédiat Après-Guerre. Porté par un désir de restauration et d’ouverture culturelle, le SWR Sinfonieorchester s’intéresse surtout aux partitions du XX ème siècle. La prestigieuse phalange a été successivement dirigée par Hans Rosbaud (1948-1962), Ernest Bour (1964-1979), Kazimierz Kord (1980-86) et Michael Gielen (1989-1999)... Lire à ce propos notre critique des Gurrelieder de Schoenberg par Michael Gielen (Hänssler, 2006)

La Montagne Messiaen, 1949

Pour répondre à la commande que lui avait adressé le chef de l’Orchestre de Boston, Serge Koussevitsky, en 1945, Olivier Messiaen compose l’oeuvre centrale de sa production symphonique, une chaîne de montagnes en 10 parties. Le massif musical fut ainsi conçu entre juillet 1946 et novembre 1948. Pour la création, à Boston, les 2 et 3 décembre 1949, Leonard Bernstein dirige et Yvonne Loriod assure la partie de piano. La création française a lieu à Aix en Provence sous la conduite de Roger Désormière, dirigeant l’Orchestre National, le 25 juillet 1950.

Pour l’auteur, il s’agit surtout d’une symphonie concertante. La diversité des pupitres requis, suivant en cela la liberté revendiquée par le commanditaire, comprend, les bois, le quintette des cordes, les cuivres dont une section étoffée de trompettes, mais aussi célesta et vibraphone qui opèrent comme le gamelang hindou de la Sonde. Une onde martenot et aussi la batterie formée de triangle, cymbale turque et chinoise, maracas, tam-tam soulignent combien en orchestrateur universel, Messiaen, syncrétique et visionnaire, aimait collectionner une palette très large de "sons" traditionnels, créant des métissages actifs, facettes de son humanisme planétaire.

Le piano assure par sa partie virtuose, plusieurs grappes d’accords diamantins, inspirés des chants d’oiseaux, qui font de l’ouvrage comme un concerto pour piano et orchestre. "Turangalîlâ" provient du Sanskrit et exprime tout à la fois, vie et mort, énergie et joie, chant, mouvement, rythme... Ce pourrait être l’essence de la condition humaine mais aussi la musique elle-même qui filtre les aspirations et les inquiétudes de l’âme, confrontée au grand dessein cosmique. Dans cette fresque qui unie l’homme et la nature, la conscience et l’éternité, Messiaen organise ce chant colossal en composant quatre thèmes : vieux monuments mexicains à la fois terrifiants, solennels et mystérieux (thème statue), thème de la fleur (douces clarinettes en duo), thème de l’amour (le plus important), thème accords...

Plan de l’oeuvre

1. Introduction

2. Chant d’amour

3. Turangalîlâ 1

4. Chant d’amour 2

5. Joie du sang des étoiles

6. Jardin du sommeil d’amour

7. Turangalîlâ 2

8. Développement de l’amour

9. Turangalîlâ 3

10. Finale