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Martenot au fil du net...

Le rêve américain - SudOuest.fr

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| Jeudi 27 octobre 2011 à 06h00

Par Christophe loubes | | commentaire(s)

Le rêve américain

Alain Altinoglu dirige l’ONBA dans un programme axé sur les Etats-Unis jeudi. Avant de revenir avec l’Ensemble Intercontemporain.

Alain Altinoglu : « Tous les orchestres n’ont pas la même culture ».

Propos recueillis par

« Sud Ouest » : Vous dirigez l’ONBA jeudi dans un programme Debussy-Gershwin-Bartok. Vous reviendrez en avril avec L’Ensemble Intercontemporain. Avez-vous le sentiment d’apporter une touche contemporaine dans une saison plutôt axée sur les périodes classique et romantique ?

Alain Altinoglu : C’est un effet du hasard si je vais diriger des œuvres des XXe et XXIe siècles à Bordeaux. On ne m’a rien demandé dans ce sens. Et il m’arrive aussi régulièrement de travailler sur la musique des XVIIIe et XIXe siècles.

Le programme du 27, je l’ai conçu autour de « Rhapsody in blue », qui est une pièce que j’ai toujours beaucoup de plaisir à diriger et à jouer, puisque je serai aussi au piano. Comme Gershwin y cite un passage du troisième mouvement de « La Mer », il était logique que le programme intègre aussi des œuvres de Debussy, que Gershwin adorait. Il se faisait envoyer ses partitions depuis la France.

Le Concerto pour orchestre de Bartók est, lui, une œuvre typiquement américaine, écrite après qu’il ait fui le nazisme. Ce programme essaye de faire entendre la musique que l’Amérique a produite, ses origines européennes et les directions prises à partir des années 40. Quant au concert avec L’Ensemble Intercontemporain, il s’inscrit dans le cadre du tournée. Nous jouons d’abord à Paris et ensuite à Bordeaux, Lyon, en Espagne...

Le lyrique occupe une grande part dans votre activité de chef d’orchestre. Est-ce que cela oriente aussi votre façon de diriger un concert symphonique ?

Tout votre travail artistique a une répercussion sur votre façon de diriger. Le fait d’aimer les voix et d’avoir l’habitude de les accompagner m’a permis de comprendre comment on respire. Et la respiration a quelque chose de fondamental, d’intime, qui imprègne toute forme de musique.

Vous dites que le métier de chef d’orchestre s’apprend sur le tas...

Pour la direction, l’expérience est plus importante que la théorie. En théorie, un geste donné est censé entraîner une réponse donnée de l’orchestre, mais dans les faits on s’aperçoit que tous les orchestres n’ont pas la même culture, et que le chef doit s’adapter. Surtout quand il n’y a pas eu de répétition. Ça m’est arrivé au Met’ où j’ai dirigé « Carmen » : L’orchestre est parti beaucoup plus vite que ce à quoi je m’attendais. Il a fallu que je module tous mes gestes.

Malgré la mondialisation, les voyages plus faciles d’un pays à l’autre, la circulation des enregistrements, les identités nationales restent perceptibles dans les orchestres. Il y a des pays où le collectif l’emporte sur le soliste. D’autres où l’on cherche à briller individuellement...

On a beaucoup souligné l’importance de votre regard dans votre façon de diriger. C’est conscient ?

(Amusé) Tout petit déjà on me faisait remarquer que beaucoup de choses passaient par mes yeux ! J’en suis conscient, oui, mais moins que de ce que j’exprime avec la baguette ou avec mon corps. Le regard permet d’exprimer la colère ou la joie, des sentiments plus intérieurs, qui ont un rapport avec le sacré. Et quand on ferme les yeux, le son de l’orchestre change. Schématiquement, je dirais que la mise en place passe par la main droite et que l’expression passe par la main gauche, appuyée par le regard.

Le 27 vous serez au piano tout en dirigeant. Comment conciliez-vous les deux ?

Je ne le fais que sur « Rhapsody in blue », qui s’y prête assez bien : L’orchestre ne joue pas dans la plupart des moments où le piano est très présent. Dans les autres il m’arrivera d’être debout ou, justement, de diriger avec mon regard et avec les mouvements de ma tête. Et il y a aussi le violon solo, le konzertmeister, qui pourra me relayer.

Vous avez travaillé avec l’artiste techno Jeff Mills. Que retirez-vous de cette expérience ?

Ce qui était génial, c’était d’avoir mille personnes en transe devant soi. Ce genre de choses ne vous arrive qu’une fois dans votre carrière. Après, je ne referais pas ça tous les jours. C’était une expérience parmi d’autres. J’ai aussi joué de la musique bretonne ou un concerto jazz avec Brad Mehldau. Je pense qu’il y a de vrais horizons à explorer dans l’association entre sonorités électroniques et orchestre symphonique, mais ce n’est pas une idée neuve. Varèse ou Pierre Schaeffer l’ont fait il y a déjà longtemps. Les ondes Martenot ou le theremin ne sont pas des instruments récents.

Les mathématiques sont votre autre passion. On parle de résoudre une équation comme de résoudre une progression harmonique. Il y a des points communs ?

(Amusé) Jusqu’à un certain point, oui. Mais il y a une infinité de manières de résoudre une suite d’accords. C’est ce qui fait la magie de la musique.

Alain Altinoglu/ONBA, jeudi 27 octobre, 20 heures, au Palais des sports de Bordeaux. 6 à 30 €. Alain Altinoglu/Ensemble Intercontemporain, samedi 28 avril au Grand-Théâtre. 8 à 35 €. 05 56 00 85 95 -opera-bordeaux.com Gironde · Bordeaux · culture et loisirs · International