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Miossec-Tiersen, flibustiers du rock - Culture - Le Monde.fr

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Miossec-Tiersen, flibustiers du rock - Culture - Le Monde.fr BREST ENVOYÉ SPÉCIAL

Est-ce que désormais tu me détestes d’avoir un jour pu quitter Brest/La rade, le port, ce qu’il en reste/Le vent dans l’avenue Jean-Jaurès." Il y a peu, Christophe Miossec chantait encore sa rupture avec sa ville natale. Après six albums qui ont tempêté dans les voiles de la chanson française et des années de cabotage entre Paris, Nice et Bruxelles, le Breton a de nouveau jeté l’ancre en bout de Finistère. Un retour qui a aussi ouvert une nouvelle aventure artistique avec un autre célèbre enfant du pays, Yann Tiersen. Sur le même sujet Musique Miossec-Tiersen, flibustiers du rock Compte rendu Et les Shadoks chantaient... Edition abonnés Archive : L’industrie musicale cultive sa nouvelle idole : le fan

Multi-instrumentiste, compositeur de disques singuliers et de bandes originales de films à succès (La Fabuleuse histoire d’Amélie Poulain ou encore Good Bye Lenin !), ce dernier finit de réaliser le nouvel album de Miossec, à paraître en août.

Comme pour sceller publiquement cette collaboration, les deux Brestois se retrouvaient en ville, jeudi 22 janvier, dans la salle du Quartz, scène nationale la plus fréquentée de France, pour la première des quinze dates d’une petite tournée produite par la salle.

Miossec a pris l’habitude de s’imposer un intermède en plein enregistrement pour tester sur scène un répertoire en constitution. L’été 2003, quelques mois avant la sortie de l’album 1964, il avait ainsi donné une série de concerts avec l’Orchestre lyrique de la région Avignon-Provence.

Cette fois, le duo a privilégié les guitares - celles de Miossec, de Tiersen et de Marc Sens -, la batterie d’Arnaud Dieterlen, la basse de Stéphane Bouvier, le piano et les ondes Martenot de Christine Ott.

"Désolé, plaisante Miossec devant les 1 500 spectateurs, on joue des chansons que personne ne connaît." A quelques exceptions près, le concert n’est constitué que de morceaux que les deux Brestois ont composés et joués seuls dans le studio d’enregistrement parisien de Yann Tiersen. Le groupe se les a appropriés en répétant une semaine au Quartz. L’excellente acoustique du lieu donne de l’ampleur aux sons, même dans les tâtonnements. Mise en avant, la voix rugueuse de Miossec nourrit ses émotions à vif et ses blues dérisoires de formules qui font déjà mouche : "Comme la mer empêche les poissons de voir le ciel", "Seul ce que j’ai perdu m’appartient à jamais", "Donner sa vie, pour qui, pour quoi/Pour quel patronat, pour quel résultat"...

DES CLIMATS ORAGEUX

La veille du concert, dans leur QG du Vauban, bar mythique des embardées noctambules brestoises, le chanteur et le compositeur revenaient sur la genèse de leur collaboration. "Un soir, Christophe m’a fait écouter une maquette où il jouait du piano, j’ai trouvé qu’il y avait là une super matière, je lui ai proposé de bosser ensemble", raconte le violoniste-pianiste-guitariste-accordéoniste, diplômé du conservatoire de Rennes. "Habituellement, ajoute Miossec, les musiciens regardent d’un drôle d’oeil mes tentatives d’instrumentiste. Yann, lui, m’a donné confiance." "L’important ce n’est pas la technique, mais l’idée, l’émotion", affirme son camarade.

Si, en studio, les deux complices disent avoir joué d’une large palette instrumentale, leur concert se concentre sur les guitares. Celle de Marc Sens dessine des climats orageux, à la limite du bruitage. Celle de Tiersen s’inspire souvent de la new wave ténébreuse des années 1980, au point de manquer parfois de personnalité. On préfère sa six cordes quand elle se fait brumeuse dans le fantomatique Fortune de mer ou sautillante dans La Plaisanterie.

Mais le musicien ne sert-il pas mieux le chanteur quand il se met au piano, exprimant un particularisme mélodique fait de fragilité romantique et de fraîcheur enfantine ?

Sur scène, les deux flibustiers se chambrent à la bonne franquette. Ces amis de longue date, habitués des virées dans l’île d’Ouessant, où Tiersen possède une résidence secondaire, savent mettre en commun leur rudesse et leur sensibilité. Pour Miossec, "le disque reste à peaufiner". Selon Tiersen, "les albums les plus bruts sont les meilleurs". La vérité de leur projet se trouve sans doute entre les deux.

Miossec et Yann Tiersen, du 22 au 24 janvier, au Quartz, à Brest (complet) ; le 26, à La Rochelle (complet) ; les 27 et 28, à Lorient ; le 29, à Saint-Brieuc (complet) ; le 30, à Cherbourg (complet) ; le 31, à Douai ; les 2 et 3 février, à Amiens ; le 4, à Villefranche-sur-Saône ; le 5, à Grenoble ; le 6, à Clermont-Ferrand ; le 7, à Martigues.Stéphane DavetArticle paru dans l’édition du 24.01.09.