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Martenot au fil du net...

Un premier CD, une tournée, Un goût d’Anis

Publié par Martenot

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ça ressemble à des petites balades, qui donnent envie de sautiller sur les trottoirs. De la poésie qui coule dans des musiques un peu rétro, mais un style reggae-blues quand même, et des souvenirs hip-hop en filigrane. Anis a fait « la Chance... » (Virgin Music), un album patchwork, tout en couleurs, sans rugosité. Une foule d’instruments, des ondes Martenot, du soubassophone, de la clarinette, de l’accordéon, pour charrier ses mélodies chaudes, qui ne font pas de larmes, mettent plutôt les rêves debout et les font tourner dans nos têtes. Anis est comme ça, pas encombrant, il pourrait se raconter, il préfère se cacher. Par égard pour ceux qui l’écoutent, auxquels il veut plutôt offrir des ailes. Il dit : « Je ne fais pas de la chanson française, je fais de la chanson légère. » Et il chante : « Je suis là pour m’évader, pas pour me confesser. » C’est lui qui fabrique ses petites paroles, en forme de paysage, pour se présenter comme ça : « Fleur de bitume pas pissenlit / Les embrouilles un peu dombi / Les petites combines pour tuer l’ennui / Le teuteu en duty free. » Parce qu’Anis est du 9-5, il a grandi à Cergy, « Cergy mon petit paradis / Ma sweet banlieue pourrie », oui, oui. Mais attention, pas de profil-type pour ce gars-là.

Il est né en 1977 d’un père marocain, devenu médecin, et d’une mère russe, un peu libraire, un peu infirmière, et finalement assistante sociale. De ses racines lointaines a poussé une curiosité infinie pour toutes ces différences qui défilaient sous les fenêtres de sa vie, au-dessus de la gare de Cergy. Avant de se faire virer du collège privé, il fréquente les « enfants de la petite bourgeoisie parisienne, Levis 501 et Weston ». Il écoute les Beatles et Tom Waits quand il découvre, en classe de 4e, les NTM et leur « monde de demain ». Quand Anis kiffe le hip-hop, il trompe les apparences : une couronne de cheveux autour d’un crâne rasé, des jeans à ourlets et des pompes de para aux pieds. C’est comme ça qu’il participe aux concours de MC à la maison de quartier Saint-Christophe. Dans la solitude de son enfance, devant un miroir, il se regardait déjà « en train de faire un solo qui tue tout ». La musique, son refuge depuis toujours. Petit, il a des montées de larmes quand sa mère écoute Barbara chanter « Göttingen ». Il vit dès 9 ans avec un Walkman sur les oreilles, ferme ses yeux et se fait des films. Anis est un vagabond, qui frappe à la porte de tous les mondes. Du rap il passe au ska en fondant son groupe K2R. Puis il quitte tout pour le piano, et c’est le chant qui le reprend. Il gagne un peu d’argent en faisant « tous les boulots en « eur », livreur, serveur, déménageur, plongeur », s’achète vinyles, chaîne hi-fi et guitare. Anis va promener le timbre de sa voix à la CharlElie Couture dans les wagons du métro parisien, pendant des mois. Et doucement il trace sa route vers la lumière. Le voilà comme un poisson dans l’eau, maintenant, juste content de compter sur la musique pour taire les doutes existentiels, « parce qu’au fond je suis assez mélancolique ». Le parfait crooner, en somme.

CD : « la Chance » (Virgin).

En concert :le 13mai à Sevran ; le 20 à Saint-Etienne ; le 26 à Beauvais ; le 4juin à Saint-Quentin-en-Yvelines ; le 25 à Cergy.

Anis est né à Cergy en 1977. Ancien membre du groupe de ska et de reggae K2R, il sort « Gadjo décalé », un premier album autoproduit, puis « la Chance » (Virgin) en 2006.

par Elsa Vigoureux

Nouvel Observateur - 04/05/2006